Chronique féline par Symba - N°2
Aujourd’hui Symba va vous faire des confidences sur l’enfer qu’il vit AU quotidien depuis l’arrivée d’une grande chienne chez lui.

Je dois vous avouer quelque chose : ma vie a bien changé ces derniers temps.
Depuis tout petit, j’avais pris mes habitudes dans MA maison. J’en connaissais chaque odeur, chaque bruit, chaque petit recoin. Le petit jardin n’avait plus de secrets pour moi avec le petit pré à côté. J’aimais y aller pour jouer avec les papillons, observer les insectes et faire de bonnes petites siestes au soleil. La vie était douce, jusqu’au jour, où il y a un an environ, ELLE est arrivée.
Une grande chienne. Très grande même. Trente kilos de pattes, de truffe et d'enthousiasme. Un Bracke, paraît-il, mais je n’y connais rien en race de chien.
Mes humains prétendent qu'il s'agit d'une chienne. Personnellement, je pense qu'ils ont adopté un petit poney et qu'ils refusent de l'admettre.
Au début, j'ai cru à une erreur. Je me suis dit : « Ils vont certainement la rendre à son propriétaire. » Mais non. Elle est non seulement restée mais s’est installée.
Depuis, ma vie est devenue beaucoup plus compliquée..
Je n'ai rien contre les chiens en général. Enfin... tant qu'ils restent chez eux et moi chez moi.
Depuis son arrivée, mon quotidien ressemble un peu à une mission secrète. Quand je rentre du pré où j'aime me promener et surveiller mon territoire, mes humains doivent organiser une véritable opération de sécurité. La chienne est conduite dans une chambre, les portes sont fermées, je peux enfin entrer, rejoindre une autre pièce et déguster mon repas en toute sérénité. Car mon but dans toute cette folie est d’atteindre ma gamelle.
Je dois reconnaître que mes humains font de leur mieux. Ils courent d'une porte à l'autre, vérifient que personne ne se croise et s'assurent que Monsieur Symba puisse manger sans stress. J'apprécie leurs efforts, même si tout cela me semble un peu compliqué.
Je vous assure que pour manger quelques croquettes, certains jours, il faut une organisation digne d'un film d'espionnage.
Et le canapé, parlons-en !
Autrefois, il m'appartenait, ENTIÈREMENT.
Je pouvais m'y installer de tout mon long, changer de place quand le soleil tournait et réclamer des caresses à volonté. J'y passais parfois des heures à observer la maison, à méditer sur les grandes questions de la vie féline ou simplement à dormir profondément.
Aujourd'hui, le canapé est squatté par cette colocataire géante à grandes pattes.
Comment une créature de 30 kilos peut-elle réussir à prendre autant de place ? Voilà un mystère que même les plus grands scientifiques félins n'ont pas encore résolu.
Heureusement, il y a la nuit qui me permet de récupérer une partie de MON ROYAUME. La nuit appartient encore un peu aux chats, tout de même.
Quand tout est calme, que la grande chienne dort dans sa chambre, je rejoins parfois mes humains sur leur lit. Je m'installe quelques instants contre eux. Je ronronne doucement. Eux aussi semblent apprécier ces retrouvailles nocturnes.
Je ne reste jamais très longtemps. Un chat doit conserver son indépendance, vous comprenez.
Alors oui, ma vie a changé. Je dois partager MA maison, MES humains et certaines de mes habitudes. Mais j'ai compris une chose : même lorsque les circonstances évoluent, l'affection reste la même.
Et entre nous, je crois que cette grande chienne n'est pas si terrible. Ne lui répétez surtout pas que j'ai dit cela.
Elle est gentille, paraît-il. Entre nous, je préfère quand même lorsqu'elle dort.
Symba, propriétaire officiel de la maison...


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